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Rencontre Charles Duchaussois

Une grande tente a été dressée à cause de la mousson et nous y voyons le gratin des invités. Femmes en robe du soir, diplomates en spencer, hauts dignitaires népalais en costume de cérémonie, nous regardent, effarés. Ils ont lair que devaient avoir Louis XVI et sa famille quand le peuple a envahi les Tuileries! Tout à coup, au milieu deux, nous reconnaissons le roi et sa femme. Les cris fusent aussitôt : Vive le roi, vive la reine! longue vie à Leurs Majestés népalaises! Trois mètres en avant, un monsieur très élégant, très XVIe arrondissement, se tient immobile, les épaules voûtées par la consternation, le visage blanc : Son Excellence lambassadeur de France en personne. Une montagne lui serait tombée sur la tête quil naurait pas lair plus effondré. Vive la France! Vive lambassadeur! Vive de Gaulle! Vive Pompidou! Vive Poher! Jentendis même un : Vive Pétain! Tout y passe. Mais, en face, ils se sont ressaisis. Les policiers forment maintenant un cordon, au coude à coude, entre le gratin et nous. Cette fois, nous les sentons nerveux : si nous avançons encore, ce sera la bagarre. Et nous nen avons pas la moindre envie. Nous venons en amis, en copains, en Français pour sabler le champagne, goûter aux petits fours et fumer, ah! oui surtout ça, fumer des Gauloises! Nous le crions. Nous assurons lambassadeur de nos bons sentiments. Quil nous donne à boire, à manger et à fumer, et nous lui ficherons la paix. Nous ne voulons rien casser, nous sommes des hippies et nous aimons tout le monde. En face, ça discute ferme. Que faire? Nous chasser? Cest trop risqué. Cela pourrait finir en mêlée générale. Alors, lambassadeur prend la seule décision sage, dans la situation où il se trouve. Il nous envoie le consul, un jeune type très sympa dailleurs, en plénipotentiaire jaurai personnellement loccasion dans quelques mois dailleurs de mapercevoir à quel point il est sympa, M. Daniel Omnès, consul de France à Katmandou. 197 Linfluence de la nourriture sur le sous-continent indien Très agréable à lire et très enrichissant, impossible de sennuyer malgré les 700 pages qui vous attendent à chaque tome! Lectures diverses-romans, polars, BD-musique, vidéos, films. Dautres à découvrir.. Et laissons linspecteur Duchaussois première nuit damour. Elle a lieu peu de temps après dailleurs. Un soir, Éliane mamène chez elle, dans sa chambre luxueuse. Jy reste deux nuits. Nous faisons lamour mais pas du tout comme nous lavions prévu : le plus normalement, le plus banalement du monde! Mais elle doit bientôt repartir. Nous nous quittons bons amis. Nous échangeons nos adresses à Paris, et je retourne avec mes hippies. Autant vous dire que jy ai un gros succès de curiosité. Ce nest pas tous les jours quun gars de la route sen va crécher dans les palaces et dans le lit dune bourgeoise! Cest peu après que je prends un petit boy à mon service, comme je lavais fait déjà à Bombay. Mais celui-là, le petit Krishna, ce sera autre chose. Un compagnon fidèle et dévoué, prêt à se faire tuer pour moi. Je ne loublierai jamais, mon petit Krishna. Cest Agathe et Claudia qui me lont fait connaître. Elles lont pris en charge deux ou trois jours. Un jour, à lOriental, il vient les voir. Je suis là. Tout de suite, il me sourit. Et tout de suite, je vois que cest le petit boy quil me faut. Son regard ouvert, son sourire franc, ne trompent pas. Il a au plus une dizaine dannées. Ses parents? Je nai jamais très bien su sil en avait. Je crois plutôt que cest un gosse abandonné. Il a toujours été très discret sur ce sujet et de toute façon il napprendra jamais assez le français pour sexpliquer tout à fait. Dès que je lui demande sil veut entrer à mon service, il saute de joie. Je lui expose, aidé par un hippie qui parle un peu le népalais, ce que jattends de lui : quil soccupe de mon linge, me fasse mes courses, me pilote, achète avec moi pour méviter de me faire rouler. En échange, je le nourrirai, je lui donnerai un peu dargent et je lhabillerai. À cette dernière précision, il bat des mains. Il est en haillons, il supplie que je lhabille tout de suite. Je lemmène donc chez un tailleur, je lui achète un beau petit costume bariolé qui le jette dans un accès de joie formidable. 176 rencontre charles duchaussois Comment Dont forget that insults, racism, etc. Are forbidden by Skyrocks General Terms of Use and that you can be identified by your IP address 36.75.212.184 if someone makes a complaint. PS : pour le bouddha jai prit la photo sur un site dun voyageur revenant de Katmandou, je pense que la photo viens bien de labas, mais bon comme tu a dit doit y en avoir plusieurs de cette forme. Livre : Flash ou Le grand voyage, 1, Flash ou Le grand voyage, n 1, écrit par Thomas Kotlarek et Jef-Des ronds dans lO rencontre charles duchaussois rencontre charles duchaussois,, nous ont rejoint et se sont présentés les trois derniers jours. Dans un autre registre, LSD mon enfant terrible de Albert Hofmann est aussi excellent.. Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter: Psychoactif est une communauté dédiée à linformation, lentraide, léchange dexpériences et la construction de savoirs sur les drogues, dans une démarche de Mais grâce à lui, jai découvert dautres livres-témoignages non moins dénués dintérêts. Javais tiqué page 170 de la version livre de poche sur ce passage : lAméricain est mort dans mes bras. Mais quimporte? Je ne vais pas faire de fioritures. Allongé de tout mon long, je fais travailler mes souvenirs. Je revois lAméricain gisant comme le Christ sous son linceul blanc, les pieds dépassant, les mains croisées sur la poitrine Mes pieds ne sont pas nus, mais entourés de chiffons. Je ne suis pas en blanc, mais tout en noir. Je ricane : lui, il était le Christ. Moi, je suis le négatif du Christ, lAntéchrist, le voyou vaincu par la drogue et qui meurt avec toute la noirceur de sa vie remontant à la surface. Suis-je bête avec mes comparaisons imbéciles! Cesserai-je donc dêtre romantique! Une crispation dénergie me prend. Je me tourne lentement sur ma couche et jouvre ma réserve de drogues. Je nen ai plus beaucoup. Au rythme de shoots où je suis, dans huit jours, dix au plus, je naurai plus de quoi me camer. Alors, la mort dans datroces souffrances Je prends vingt ampoules de méthédrine et je les mets à part. En ampoules, ce sera plus facile. Jai une grosse seringue. En trois ou quatre fois, je me serai tout injecté. À condition de résister au premier flash. Ce sont mes dernières cartouches. Je les range avec dinfinies précautions. Puis, je prends ma boulette dopium, et je me fais ma cuisine. Un peu de bien-être mapaise lâme, tandis que le liquide noir senfonce dans mes veines. Pourquoi ne me laisse-t-on pas mourir en paix? Le lendemain, alors que je viens de renvoyer la ratatouille, affreusement épicée et immangeable, de la patronne, je vois débarquer dans ma taverne un vrai régiment. En tête, mon vieux Kalikula. Et avec lui, six ou sept femmes. Tout de suite, il fait avancer lune dentre elles, une vieille femme, devant moi et lui, par gestes, lui touchant le ventre et lentrejambe, me fait comprendre quelle a quelque chose qui ne va pas de ce côté-là. Je ne veux même pas regarder. Jen ai assez. Il insiste. Il renverse la femme sur la paille, devant moi, lui soulève les jambes. 341 Dernière modification par drugstore cowboy 30 mai 2013 à 23:53 sur différentes substances : leurs caractéristiques, leurs effets et les Je lai lus quune fois et jen garde un trés bon souvenir. Je ne touchais encore pas a la. Le 10 janvier 1970, un avion sanitaire se pose à Paris, en provenance de Katmandou, mecque hippie par excellence. En descend Charles Duchaussois, 30 ans, 1m86, 40 kilos. Rongé par la drogue, réduit à létat dépave humaine, Charles Duchaussois mettra 1 an à se désintoxiquer. Et lorsque quil redevient clean, il jette pêle-mêle dans un magnétophone ses souvenirs de voyage, le récit dun périple à travers lOrient, mais pas seulement. Cest aussi le récit de sa lente tombée dans lenfer de la drogue, lenfer DES drogues, car Charles a tout fait, tout essayé, et faillit en mourir. Ce récit deviendra un témoignage culte, LE témoignage le plus marquant et le plus vivant sur la période hippie. Tailler les derniers lambeaux de chair qui retiennent le membre à la cuisse, sort un garrot pour arrêter lhémorragie, trafique dans la plaie, la recouvre dun chiffon. Un instant, je mimagine que le gosse a eu un accident et que cest pour ça quon la amputé. Mais non, la petite jambe coupée posée dans le sang sur le pont est intacte, parfaitement saine. Cest exprès quon a mutilé le gosse! Oui, voilà ce quon peut voir, en Inde, en 1969, en plein XX e siècle Guy et moi, effarés, croyant à peine à la réalité de ce spectacle de cauchemar, nous apostrophons un homme et une femme qui sont là, placides, derrière le gosse évanoui, et lont abandonné en plein soleil. Ils nous regardent sans répondre, les yeux vides. Quest-ce que cest? Quavez-vous fait? Pourquoi? Pourquoi? Je crie, je secoue le bourreau par les pans de sa chemise. Il me repousse, grommelle une injure et nous menace de son couteau. Ma rage est telle que je manque bien de lui sauter quand même dessus, mais les autres se rangent à côté de lui, et je vois sortir dautres couteaux. Les regards se sont faits mauvais. Je le sais, à Bénarès, on se fait saigner comme un vulgaire lapin, rien que parce quon est Européen et quon est supposé avoir un portefeuille bien rempli. Insister serait de la folie. Dailleurs Guy, terrorisé, me tire en arrière. Viens vite, dit-il, ne fais pas lidiot. Nous reculons, nous remontons à quai. Avant de partir, je jette un dernier regard au bateau. Une femme, penchée sur le gosse, le gifle pour le faire revenir à lui. Le bourreau ramasse la jambe et la jette dans le fleuve où elle sen va au fil de leau. La jambe de mon petit revendeur du Gange de huit ans qui jamais plus ne courra ni ne dansera. 143 pour séteindre à Istanbul, dont les acteurs partagent une culture commune, aux III TROIS coups vigoureux assénés à ma porte me tirent de ma Demain, je repartirai et lOrient mouvrira ses portes. Flash ou le grand voyage-Charles Duchaussois-Babelio.